Préserver la faune marine : un balisage lumineux moins intrusif est-il possible ?
La mer ne dort jamais, mais elle a besoin d’ombre. À l’échelle des côtes et des zones portuaires, la question de la pollution lumineuse en milieu marin devient un enjeu croissant, tant pour la biodiversité que pour l’efficacité des dispositifs de balisage. Si la lumière guide les marins, elle perturbe aussi les équilibres naturels d’un monde fragile. En effet, si les balises, feux de port, phares et dispositifs de signalisation lumineuse sont essentiels à la navigation, leur impact sur la faune marine nocturne est bien réel : désorientation des poissons et des tortues, modification des cycles de reproduction, attraction déleztère sur le plancton et perturbation des migrations. La lumière artificielle, surtout en spectre blanc froid ou en intensité constante, agit comme un intrus dans un écosystème où le clair-obscur est régulateur. Dès lors, que faire ? Voici quelques éléments de réponse…
Une lumière guidante mais plus douce
Face à ces constats, les acteurs du balisage innovent pour concilier sécurité maritime et respect de la biodiversité. Plusieurs pistes se dessinent : utiliser des LED à spectre contrôlé (ambres ou rouges), limiter la diffusion de la lumière hors de la zone utile, ou encore programmer des intensités variables selon l’activité nautique. Certaines balises récentes émettent une lumière directionnelle très ciblée, qui évite de polluer le ciel et l’eau environnante. D’autres sont équipées de filtres optiques qui réduisent les longueurs d’onde les plus sensibles pour les espèces marines. Le balisage lumineux devient alors plus intelligent, adapté à l’usage sans sacrifier la vie sous-marine. Plus encore, des expériences pilotes voient le jour dans certains ports écoconçus : intensité réduite entre minuit et l’aube, feux temporisés, dispositifs alimentés par l’énergie solaire avec capteur crépusculaire. On passe d’une signalisation brute à une signalisation écoconçue.
Vers une nouvelle norme écologique du balisage
Les réglementations, jusqu’ici centrées sur la visibilité, commencent à intégrer les enjeux de durabilité. Certaines chartes portuaires incluent désormais des clauses sur la lumière nocturne, et des travaux scientifiques orientent les futures normes internationales vers des balises moins intrusives pour la faune. Il ne s’agit pas de choisir entre sécurité et écologie, mais d’innover pour les réconcilier. La technologie LED, la modélisation des spectres lumineux, les tests in situ sont autant d’outils pour construire un balisage lumineux respectueux du vivant.
Préserver la mer, c’est aussi la laisser respirer la nuit. C’est offrir aux tortues un rivage sans phare, aux poissons une route sans projecteur, aux oiseaux migrateurs une trajectoire claire. Et c’est montrer qu’à chaque clignotement utile, peut répondre une lumière plus juste.
Cet article est une contribution libre rédigée par un auteur partenaire et non par la société elle-même.
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